L'utilisation de la biomasse pour le transport est-elle plus efficace sous forme d'éthanol ou convertie en électricité ? C'est une question à laquelle des chercheurs américains offrent une première réponse, dans la revue Science de ce mois.
L'équipe du professeur Elliott Campbell, de l'Université de Californie, a étudié le bilan de deux types de plantes utilisées pour la production de biomasse énergétique : le maïs, et le panic érigé (panicum virgatum, plus communément appelé Switchgrass). Celle-ci, très commune en Amérique du Nord, est particulièrement avantageuse à la fois en terme de rendement et en terme de résistance aux maladies et ravageurs.
Pour une même surface cultivée, les chercheurs ont relevé la distance parcourue par plusieurs types de véhicules : petits, moyens et grands, pour la ville ou l'autoroute.
"Nous avons constaté que la conversion de la biomasse en électricité plutôt qu'en éthanol est la plus pertinente pour ces deux problèmes que sont le transport et le climat", révèle le professeur Campbell.
Selon les résultats de l'étude, la biomasse transformée en électricité permettait de parcourir 81 % de distance de plus que l'éthanol. Elle permettrait en outre d'éviter l'émission de 25 tonnes de gaz à effet de serre par hectare cultivé, par rapport à un véhicule à essence de même taille. En termes d'émission, l'éthanol obtient des résultats deux fois moindres.
Pour Campbell, il paraît clair que les moteurs électriques sont bien plus performants que les moteurs à combustion interne. "Même les meilleures technologies de production d'éthanol, associées à des moteurs hybrides, ne seront pas suffisantes pour surmonter cela.", estime-t-il.
Les auteurs de l'étude soulignent toutefois que des aspects importants n'ont pas encore été étudiés, tels que la consommation d'eau, la pollution atmosphérique, le recyclage des batteries ou encore les aspects économiques.
Source : www.enerzine.com 13/05/2009